OMG – LMG

De folles boucles blondes, des tatouages ombrageux, un rire et une verve qui choquent autant qu’ils soignent. Comme j’ai souvent pu le remarquer, les artistes aux oeuvres les plus dérangeantes et sombres sont, dans le quotidien, les plus gaies et extraverties. Plonger dans la noirceur de l’humanité via des oeuvres crues et grinçantes, ne serait-ce pas là le secret cathartique de leur bonheur ?

La création, le sexe et la mort ; voilà le triumvirat sine qua non de cette vie sur Terre. « Nous avons l’art afin de ne pas mourir de la Vérité« , écrivait Nietzsche. 

C’est ce que semble explorer l’oeuvre de LMG Névroplasticienne, artiste vivant à Paris, Professeur agrégée et docteur en arts et science des arts.

Solaire, la névroplasticienne chante une ode à la vie dans une transe graphique qui bouscule nos peurs primaires d’occidentaux modernes : Notre phobie de la mort n’engendrerait-elle pas corrélativement une peur de la vie, de la chair, du corps et de ses fluides. (Thématique ayant fait l’objet de sa thèse : Ante-mortem. La vaine frayeur. Art et création, ainsi qu’un ouvrage d’art Fausse Commune aux éditons des Âmes d’Atala, fait de 365 épitaphes dessinées, entre autres nombreuses publications à retrouver sur son site http://lmg-nevroplasticienne.com/?page_id=2).

 LMG joue sur la dialectique du dedans/dehors, montre ce qui est caché, qui provoque dégout ou scandale, telles que la série des « Images de merde », réalisées avec des échantillons d’excréments.

On retrouve dans son travail une passion pour l’anatomie, dans sa magnificence et sa décadence, ses affaiblissements, sa putréfaction, sans hypocrisie ni pudeur.   

Elle explore tant la chair que l’âme humaine et ses failles, se muant en des oeuvres d’une grande finesse, mêlant symboles et morceaux anatomiques, tantôt en 3D ou en 2D, à la poudre de graphite.

Le motif phallique est récurrent, comme la mort il génère bien des névroses. Et, serait-ce si différent, plus dérangeant, qu’une paire de poumons ou paire de reins ? (ainsi exprimer dans le langage courant ces organes revêtent eux aussi une dimension sexuelle !) Dans un élan pour la liberté LMG s’est attribué le droit de faire du motif phallique ce qu’il lui plaisait. La « Chose » à laquelle aucune femme artiste ne devrait toucher, exploiter, elle la violente, la blesse. Les verges dessinées sont découpées, portent les stigmates de ses crayons mais LMG suture souvent ces totems, ex-voto exutoires. Ces « ouvrages pour Dames », elle les orne ou les malmène en fonction des hommes qui ont inspiré plus ou moins de rancœurs à l’artiste ou aux femmes qui lui relatent des anecdotes.

Parfois l’aiguille reste en travers du corps phallique, ça ne passe pas ! Pas de pardon ! Faudrait-il s’excuser encore d’idéaux féminins, de liberté, de vouloir casser les codes ! Combien d’hommes artistes paraissent comme étant des génies après avoir caressé de leurs pinceaux de si jeunes filles ? Et nous, nous serions sorcières de chahuter un peu ces sacro-saints appendices de chair ? Tantôt zoomorphes, tantôt chimères végétales LMG s’en donne à cœur joie !

« Laissez-nous vous crier de rentrer chez vos mères ! »

Laisser un commentaire